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SADC Today, Vol. 7 No.2 Juin 2004
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La Déclaration de Dar es Salaam contient une stratégie proactive pour la sécurité alimentaire dans la région

Les états membres de la SADC ont initié une stratégie proactive pour le développement agricole afin d’aborder la question de la sécurité alimentaire sur une base durable et régionale, plutôt que de compter sur une assistance alimentaire externe.

Les chefs d’Etat et de Gouvernement, lors d’un sommet extraordinaire en Tanzanie à la mi-mai, se sont engagés à promouvoir l’agriculture en tant que pilier dans les stratégies et programmes nationaux et régionaux de développement de façon à parvenir à des objectifs à court, moyen et long terme.

Suite à des mois de préparations et d’une semaine de réunions des officiels et ministres, les dirigeants ont adopté et signé la Déclaration de Dar es Salaam sur l’Agriculture et la Sécurité Alimentaire dans la région de la SADC, réaffirmant leur engagement à accélérer le développement agricole, sur lequel la majorité de la population régionale dépend pour la nourriture, les revenues et l’emploi. (Voir pages 8-9)

Le ton était fixé dans le discours d’ouverture du président de la SADC, Président Benjamin Mkapa de la Tanzanie, dont le mandat régional cette année passée a été remarquable par son insistance sur les résultats et les objectifs à durée déterminée.

Exhortant ses collègues às’assurer que la région puisse s’auto-sustenter sur une base durable, Mkapa a déclaré sans ménagement, “ à moins que nous, les dirigeants de la SADC, ressentions de la honte d’avoir à mendier pour de la nourriture – la recevant parfois moyennant toutes sortes de conditions – nous ne pouvons maintenir l’honneur de nos nations. Travaillons ensembles pour susciter l’honneur, non pas la honte à l’Afrique Australe indépendante.

Il a rappelé au Sommet, “Nous sommes ici pour nous entraider à renforcer la volonté politique de mettre la question de l’agriculture et de la sécurité alimentaire au coeur de nos priorités nationales et régionales.”

Les problèmes sont déjà connus dit-il, “les solutions sont depuis des années dessujets de discussions.” Mkapa a demandé un Plan d’Action avec des activités “spécifiques, qui possèdent des objectifs mesurables et une structure temporelle”, avec des responsabilités précises aux nivèaux nationaux et régionaux.

Les états membres ont convenus de garantir la disponibilité de contributions agricoles clées, d’assister les fermiers vulnérables, et de vigoureusement s’embarquer dans des programmes de gestion de l’eau, y compris le contrôle des inondations et la mise en oeuvre du Protocole Révisé sur les Cours d’Eau Communs.

Ils ont entrepris d’accélérer l’usage des technologies d’irrigation telles que les pompes à pédale et motorisées, la canalisation, les technologies d’économie de l’eau, ainsi que de mobiliser des ressources pour le traitement agricole et l’augmentation de l’usage des plans d’épargne et de crédit, et les banques rurales mobiles.

Les dirigeants de la SADC ont également convenus de considérer l’établissement d’un fond régional pour le développement agricole, et une facilité de réserve alimentaire pour la région.

La déclaration de Dar es Salaam identifie certaines zones prioritaires sur lesquelles la SADC se concentrera pendant les deux prochaines années, ainsi que des activités à moyen et long terme. La stratégie multi sectorielle contient une série convenue d’objectifs à court terme (2004-2006) y compris des clauses sur les contributions agricoles clées; le développement et traitement agro-industriel; le contrôle des récoltes et de la vermine et des maladies du cheptel; les récoltes, la production du bétail et des pêcheries; la gestion de l’eau et l’irrigation.

Les objectifs à court terme s’étendent sur une durée de deux ans, et une évaluation des progrès sera entreprise à la fin de chaque période de deux ans à partir de la date de signature. Le Comité Intégré des Ministres de la SADC a été chargé d’initier la mise en oeuvre et le contrôle du Plan d’Action.

Dans les engagements de moyen à long terme (2004-2010), les dirigeants de la SADC ont convenu d’aborder la question de l’usage durable et de la gestion des ressources naturelles; la préparation aux catastrophes; la recherche, le développement et la dissémination de la technologie; le financement et l’investissement agricole; le développement de la formation et des ressources humaines; la parité des sexes; la santé publique et la mitigation du VIH et SIDA et d’autres maladies chroniques.

Ils ont également résolu d’instituer des mécanismes de soutien visant à renforcer la participation du secteur privé dans l’agriculture et le développement rural, et d’entreprendre une série de mesures pour accroître l’accès au marché.

En identifiant leurs buts, les dirigeants de la SADC ont réexaminé les leçons passées ainsi que l’état critique de pauvreté dans leur pays individuels et la région, sur la base d’une analyse étudiant la raison pour laquelle l’agriculture est mal – financée et sous développée, et pourquoi les fermiers ruraux restent les plus pauvres de leurs nations.

Une note concept préparée avant le Sommet critiquait les efforts à ce jour: “Tandis que les pays développés prennent de l’avance en exploitant l’application de la technologie moderne pour accroître la productivité dans leurs secteurs agricoles, en [ Afrique Australe] … l’agriculture demeure mal-financée, sous développée et les fermiers restent pauvres.”

L’agriculture est un secteur d’emploi majeur dans la région de la SADC, contribuant 35 pour cent du Produit Intérieur Brut de la région (PIB) et 13 pour-cent de la totalité des revenues d’exportation.

Le communiqué final a remarqué le potentiel pour l’expansion: “ Etant donné l’énorme masse foncière disponible dans la SADC propice à la production de cultures vivrières et l’élevage de bétails, la productivité demeure à un niveau très bas.”

L’accès inégal à la terre et à l’eau, la désertification, la mécanisation limitée, le peu ou l’absence de crédit et les communications médiocres ont tous contribué à la pauvreté continue des fermiers ruraux.

Le sommet exhorte tous les gouvernements de la SADC à progressivement augmenter le financement de l’agriculture en allouant au moins 10 pour cents des budgets nationaux dans les cinq ans, en accord avec leur engagement d’il y a un an dans la structure de la Déclaration de l’Union Africaine à Maputo sur l’Agriculture et la Sécurité Alimentaire.

Le Sommet a également exprimé son appréciation au Gouvernement de la République de l’Afrique du Sud pour une donation de 100 millions de Rands à utiliser pour les apports agricoles, l’assistance alimentaire et pour un système de contrôle de vulnérabilité.

Le Sommet a remarqué la prévalence de la disparité des sexes dans l’accès à la propriété foncière, le crédit et les apports agricoles, et a convenu de favoriser l’intégration des sexes en promulguant des lois non-discriminatoires sur la finance, les crédits et la terre. Les états membres ont été exhortés à promouvoir les technologies sensibles à la parité des sexes, particulièrement pour l’agro-transformation.

Les dirigeants régionaux ont également insisté sur le besoin d’intégrer dans les politiques et programmes sur l’agriculture et les ressources naturelles, leurs efforts de lutte contre le VIH et SIDA et autres maladies chroniques.

D’autres priorités couvrent le développement d’infrastructure rurale y compris l’électrification, l’eau et l’hygiène publique; la technologie d’information et communication; l’accélération des initiatives de réformes de politique foncière; l’éradication de la vermine et des maladies de récoltes et bétail; la garantie de l’usage durable et la gestion des ressources naturelles; l’augmentation de la production de récolte, et des ressources en bétail et pêcheries; de le renforcement l’accès au marché; et engager la participation du secteur privé.

Mkapa a souligné la nécessité d’encourager la formation dans les méthodes durables, l’usage des technologies traditionnelles pour la transformation agricole et l’emmagasinage d’aliment, et le focus sur la sécurité alimentaire au niveau familial et communautaire. Il a révélé que les nations de la SADC ont besoin d’apprendre de chacune d’entre elles et des meilleures pratiques régionales - “meilleures non pas en termes de théorie, mais en terme d’aspect pratique, résultats et impact.”

Il a cité la source d’inspiration qu’est son prédécesseur, Mwalimu Julius Nyerere, comme disant en période d’opposition apparemment insurmontable telle que celle à laquelle la région était confrontée lorsque l’apartheid sévissait encore en Afrique du Sud: “C’est faisable, jouez votre rôle”.


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SADC Today, Juin 2004
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